REPUBLIQUE DU MALI

Un Peuple – Un But – Une Foi

                                                                                 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RAPPORT SUR LES METHODES ET TECHNIQUES AMELIOREES

A FAIBLE COUT DE CONSTRUCTION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MINISTERE DE L’EQUIPEMENT, DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DE L’URBANISME

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DIRECTION NATIONALE DE L’URBANISME ET DE LA CONSTRUCTION

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OFFICE MALIEN DE L'HABITAT

 

2001

 

 INTRODUCTION 

 

 

Dans la réalisation des bâtiments, les méthodes et techniques utilisées sont les mêmes en République du Mali. Toutefois, dans la pratique, certaines anomalies existent.

 

Le présent document a pour objet de constater ces différentes anomalies et de proposer des solutions en vue de réaliser des économies dans la construction des logements.

 

Il ne peut en aucune manière remplacer le spécialiste.

 

 

CONSTATS

 

 

De l’analyse du domaine des bâtiments, il ressort les constats ci-après :

 

I/- De  la conception :

 

Les bâtiments sont conçus de telle sorte que la structure portante est constituée par les semelles isolées, les poteaux et les poutres et la maçonnerie sert de remplissage. Mais lors de la réalisation de ces bâtiments, la maçonnerie qui est sensée ne pas porter, constitue l’élément porteur principal (Voir Fig. 1) et le blocage des fouilles du coup joue le rôle de semelles filantes. Cependant, les semelles isolées, les poteaux et poutres sont réalisés comme conçus. Cette situation fait que les structures sensées être porteuses sont moins sollicitées.

 

 

a

 

 

b

Fig. 1

 

 

II/ -  Des  fondations :

 

a) Le blocage des fouilles est fait comme si ce dernier ne supporte aucun élément, alors qu’en réalité, il supporte le bâtiment. La pratique actuelle consiste à remplir la fouille de moellons par couche et à verser ensuite le mortier dessus avec de l’eau souvent pour permettre au mortier d’atteindre les vides entre les moellons (fig.2).

 

a

b

 

 

c

d

Fig.2

 

b) Sous les longrines sont exécutées des maçonneries en agglos pleins souvent très importantes alors qu’il doit y avoir normalement un vide ou un remblais de sable au cas où le sol est gonflable à l’état humide. Les longrines qui sont sensées supporter uniquement les murs du rez-de-chaussée, supportent tout le bâtiment et transmettent les charges à la maçonnerie en agglos pleins du fait de la manière de réalisation du bâtiment. La longrine ne travaille réellement que lorsque la maçonnerie en agglos pleins cède complètement.

III/ - Des  maçonneries :

 

La largeur des joints des maçonneries est comprise entre 2,5 cm et 5 cm, ce qui est de loin supérieure aux normes en la matière qui prévoient au maximum 1,5 cm pour les joints horizontaux et 1 cm pour les joints verticaux. L’irrégularité des surfaces des agglos en est pour quelque chose dans cette situation. Il faut noter également que les tolérances au niveau de la verticalité des maçonneries sont largement dépassées.

 

                                a

 

                                b

Fig.3

 

IV/ -  Des  structures  horizontales :*

 Le chaînage haut est très souvent exécuté avec une hauteur de 40 cm coulé en deux étapes. La section est armée très souvent par quatre filants en fer de diamètre 12 mm. Ces dispositions sont de trop pour un chaînage.

 

a

 

b

Fig. 4

 

PROPOSITIONS  DE  SOLUTIONS

 

 

I/ -  De  la conception :

 

 Les bâtiments à faible coût doivent être conçus en tenant compte du fait que :

-         les murs sont porteurs,

-         les poteaux et les chaînages jouent le rôle de raidisseurs verticaux et horizontaux,

-         le blocage joue le rôle de semelles filantes.

 

II/ -  Des  fondations :

 

    a) Le blocage et le soubassement doivent être réalisés comme une véritable maçonnerie en évitant les écueils ci-après :

-         Absence de moellons en boutisse, un moellon sur trois en moyenne doit être posé en boutisse, la distance entre deux boutisses ne doit en aucun cas excéder 180 cm ;

-         Présence de joints verticaux continus (« coup de sabre ») ;

-         Utilisation de pierres trop petites (éclats) en parement : on évitera de mettre en œuvre des pierres aux dimensions inférieures à 25 cm, sauf pour effectuer le calage de moellons plus importants ;

-         Présence de joints trop épais ,les joints ont en moyenne 3 cm sans excéder 5 cm ;

-         Les joints obliques sont à éviter ;

-         Les moellons à faces concaves ou à arrêtes vives sont à rejeter (risque de brisure).

 

 b) Les raidisseurs seront posés sur le soubassement et auront pour base le chaînage bas.

 

c) Pour les bâtiments de plus de deux niveaux, il faut pour la fondation, faire une semelle filante en béton armé dont les caractéristiques seront déterminées par le spécialiste.  D’autres types de fondations peuvent être envisagés en fonction de la nature du sol.

 

 

III/ -  Des maçonneries :

 

a)     Les agglos doivent être fabriqués en respectant les mesures suivantes :

 

-         L’aire de préparation des agglos est soigneusement nettoyée de tous déchets (pierres, éléments végétaux, etc.…..) et au besoin aplanie ;

-         Humidifier la surface de travail et la saupoudrer de sable ;

-         Le dosage pour la confection des agglos est le suivant : pour un sac de ciment, il faut 4 brouettes de sable, une brouette de gravier et 50 litres d’eau ;

-         Le moule, avant remplissage est enduit d’huile sur toutes ses faces intérieures, de manière à éviter l’adhérence du mortier sur ces parois. Cette étape préparatoire peut être améliorée en saupoudrant l’intérieur du moule de sable ;

-         Le moule est ensuite soigneusement rempli de mortier jusqu’à ras-bord. Pour s’assurer que le mélange en pénètre les moindres recoins, on le frappera à deux ou trois reprises sur une surface dure ( une planche, par exemple). Si nécessaire, le remplissage est complété ;

-         Le mortier est vigoureusement damé à l’aide d’une latte de bois, la même latte est ensuite utilisée pour l’arrasage en la faisant glisser sur la surface supérieure du moule, l’excédent de mortier est proprement raclé ;

-         Le moule peut alors être retourné pour démouler l’agglos ;

-         Durant les sept premiers jours, les agglos sont entreposés à plat sur le sol, dans un endroit ombragé (abri aménagé ou ombre naturelle ; a défaut les agglos peuvent aussi être recouverts de paille) et sont arrosés deux fois par jour en dehors des heures chaudes.

 

b) Lors de la mise en œuvre de la maçonnerie les mesures suivantes doivent être respectées :

 

-         les agglos doivent être abondamment arrosés avant la pose afin d’éviter qu’ils ne dessèchent le mortier en aspirant par capillarité l’eau de gâchage;

-         Il faut éviter toute continuité dans les joints verticaux, l’appareillage à mettre en œuvre est l’appareillage à demi-bloc ;

-         Il faut étaler le mortier correspondant seulement à la pose d’un agglos et contrôler l’horizontalité au niveau à bulle, ainsi que la verticalité à l’aide du fil à plomb ;

-         Les joints verticaux et horizontaux doivent être nettoyés de façon à présenter un profil en creux, un joint en retrait favorisera un bon accrochage de l’enduit ;

      -  Les agglos doivent être posés de telle sorte que l’épaisseur des joints horizontaux ne dépasse pas 1,5 cm et celle des joints verticaux 1 cm. Pour pouvoir respecter ces dimensions, le maçon utilisera  des barres de fer de diamètre 12 et 8 respectivement pour les joints verticaux et horizontaux.

 

 IV/ -  Des structures verticales et horizontales : 

 

Les raidisseurs verticaux et horizontaux doivent être armés au minimum de fer prévu par les normes, la hauteur du chaînage haut doit être de 20 cm ou correspondre à celle de la dalle au cas ou cette dernière est supérieure à 20 cm.

 

V/ -  Des enduits :

 

Lors de la mise en œuvre des enduits de ciment, les mesures suivantes doivent être respectées :

-         Brosser la maçonnerie et vérifier si le profil des joints est en retrait, dans le cas contraire, gratter les pour avoir un profil en retrait ;

-         Arroser abondamment la maçonnerie ;

-         Poser les guides, dont l’épaisseur détermine, l’épaisseur de l’enduit. Vérifier l’aplomb des guides particulièrement aux angles des corps de maçonnerie ;

-         Jeter la première couche d’enduit et égaliser grossièrement à la truelle ;

-         Poser la deuxième couche d’enduit, égaliser à la latte ;

-         Lisser l’enduit à l’eau et à la taloche. L’enduit achevé a une épaisseur moyenne de 1,5 cm à l’intérieur et de 2 cm à l’extérieur.

 

 

CONCLUSIONS 

 

 

Il est important que les techniciens du bâtiment ne se laissent pas dominer par la routine des ouvriers et amènent ces derniers à respecter scrupuleusement  les règles et normes de construction. Dans tous les cas, il appartient aux spécialistes de trouver, face aux problèmes posés, les solutions appropriées. Ainsi on obtiendra une qualité élevée des constructions et une diminution sensible des coûts.