INTRODUCTION
Depuis
les premières années de notre Indépendance, des efforts remarquables ont été
déployés par les différents Gouvernements du Mali, les ONG les Projets dans le
but de promouvoir les matériaux locaux de construction.
C’est
en 1997, que le Département chargé de l’Urbanisme et de l’Habitat a élaboré une
Stratégie Nationale de Logement dont l’une des recommandations est de
promouvoir et de vulgariser les logements en matériaux locaux afin d’accéder
les populations à faibles revenus au
logement décent et de faible coût, ce qui peut entraîner la création
d’emploi ; la réduction de la quantité de matériaux de construction
importés dans la construction.
Dans
cet ordre d’idées, le Centre National
de Recherche et d’Expérimentation pour le Bâtiment et les Travaux Publics avec
l’appui financier de l’Office Malien de l’Habitat, a été chargé d’offrir
résolument à travers ses actions de recherche, une aide de qualité aux acteurs
du BTP en vue de l’amélioration de la qualité des logements (résistance,
confort, coût réduit, …).
Au
cours de ces dernières années, le Centre a acquis par ses travaux de recherche
par les résultats des expériences réalisées dans notre pays et par une
collaboration active avec les partenaires nationaux et internationaux un
savoir-faire technique et scientifique approfondi dans le domaine des matériaux
locaux de construction.
Sur cette base, le Centre a
initié ici, un Guide Pratique d’Utilisateur à l’intention des acteurs du BTP
(Bureau d’Etudes, Entreprises, Promoteurs Immobiliers, Briquetiers, Maçons,
etc…).
Dans
ce guide, il a été traité les aspects techniques et pratiques de production et
de mise en œuvre de blocs de terre stabilisée et il permettre sans doute aux
acteurs du BTP précités la maîtrise totale de ces aspects.
Ce
guide est un support nécessaire aux actions de promotion et de vulgarisation
des logements en blocs de terre stabilisée.
CHAPITRE I : IDENTIFICATION ET CHOIX DE LA TERRE
La
terre utilisée pour la confection des briques stabilisée est constituées de
deux
parties :
-
La partie fine : les argiles, les limons, les schistes, les sables fins
-
Les graves : les sables grossiers, les graviers, etc.
I.1. Identification
I.1.1 Au laboratoire
Les
essais d’identification généralement effectués sont :
- l’analyse
granulométrique : qui permet de classer les sols suivant que le pourcentage
des passants au tamis
d’ouverture 0,080 mm est supérieur ou inférieur à 35 %.
-
Les limites d’Atterberg : qui permettent de connaître la Plasticité de la
terre.
-
La sédimentométrie : qui est une suite de la granulométrie. Elle s’effectue sur
la partie
fine (passants au tamis d’ouverture 0,080
mm) et permet de savoir les pourcentages de limon et d’argile.
- L’équivalent de sable
: s’effectue sur les matériaux trop sableux.
D’autres essais sont
nécessaires car ils interviennent dans le choix judicieux de la composition volumique du mélange (terre + ciment). Il s’agit entre
autres :
-
du proctor normal qui définit la teneur en eau de malaxage
-
et la masse volumique apparente qui intervient dans la détermination du
nombre de chargement de brouette pour une quantité donnée de ciment (après
avoir défini le dosage en ciment)
I.1.2. Sur chantier
Avant de décider de
l’utilisation d’une terre, il est nécessaire de procéder à des essais rapides
afin d’avoir une idée de la qualité de celle-ci:
- l’examen visuel
- essai de l’odeur
- essai de toucher
- essai de lavage
- essai du cigare
- essai de la pastille
- essai de sédimentation
ou de bouteille
Le mode opératoire de ces essais et
l’interprétation des résultats sont donnés dans le chapitre 1.2.2.
I.2. CHOIX
I.2.1.Au laboratoire
Généralement deux paramètres
suffisent pour choisir la terre : la granularité et la plasticité.
- La granularité : elle est définie par
l’analyse granulométrique. La courbe granulaire du matériau doit s’inscrire de
préférence dans le fuseau de référence ci-dessous appelé «diagramme de
granularité ».
- la plasticité : elle est définie par
les limites d’Atterberg. La plasticité du matériau doit s’inscrire de
préférence dans le fuseau du diagramme de référence ci-dessous, appelé
«diagramme de plasticité ».
Remarque :
La non-inscription du
diagramme de ces caractéristiques dans leur fuseau de référence correspondant
n’entraîne pas automatiquement le rejet du matériau, mais il sera recommandé de
le soumettre à un ensemble d’essai permettant de vérifier sa convenance.
I.2.2 Sur chantier
|
Désignation
des essais et illustration graphique du déroulement |
Déroulement des essais |
Interprétation des résultats |
|
1.
Examen visuel |
Il s’agit d’apprécier visuellement la représentativité de tous les éléments composants un sol. |
Si tous les éléments sont représentés, le sol est bon de texture, dans le cas contraire il convient de le corriger par apport des ou de l’élément manquant |
|
2.
Toucher - odeur - lavage 2.1 2.2 2.3. 2.4 |
2.1. On prend une petite quantité de terre dans la paume d’une main et on la frotte à sec afin d’observer sa texture. 2.2. On mouille un peu cette terre ; si elle commence à dégager une odeur de pourriture (moisissure), c’est qu’elle contient des matières organiques. 2.3. On frotte délicatement la terre mouillée toujours pour observer sa texture. 2.4. On lave délicatement la paume de la main afin d’observer si la terre colle ou non. |
Texture : Une texture grossière sèche peut s’avérer être fine mouillée s’il s’agit de conglomérat d’argiles. Des sables, par contre, vont procurer une sensation abrasive ainsi que les silts dans une moindre mesure. Lavage : - Si la terre ne colle pas et se lave facilement, le sol est graveleux et sableux ; - Si la terre colle et se lave difficilement, le sol est silteux ; - Si la terre colle beaucoup et se lave très difficilement(reste de coloration), le sol est argileux. Une bonne terre doit être exempt de toutes matières organiques, doit contenir beaucoup de sable et un peu d’argile ; elle doit donc être assez facile à laver et procurer une sensation abrasive. |
|
3.
Essai du cigare 3.1.
3.2 3.3 3.4. |
3.1.
Enlever les graviers de la terre 3.2.
Humidifier et bien malaxer de façon à obtenir une pâte. Laisser reposer
cette pâte pendant 30 mn (ou plus) enfin qu’elle soit très homogène. 3.3.
Rouler cette pâte entre les mains de façon à obtenir un cigare de 3 cm de
diamètre. 3.4.
Poser le cigare en travers de la paume de la main et le pousser lentement avec l’autre main. Le cigare se casse. Mesurer la
longueur du morceau qui est tombé. Recommencer le même test au moins 3
fois. Il permet d’observer la cohésion
d’une terre. |
Faire
la moyenne des longueurs : -
moins de 5 cm : la terre est trop sableuse, à corriger par apport d’argile. -
entre 5 et 15 cm la terre est bonne -
plus de 15 cm : la terre est trop argileuse, à corriger par apport de sable. |
|
4.
Essai de la pastille 4.1. 4.2. 4.3. |
4.1.
Procéder comme l’essai du cigare pour obtenir une pâte homogène. 4.2.
Mouler des pastilles d’environ 3 cm de diamètre et 1 cm d’épaisseur. Après séchage observer d’éventuels phénomènes de retrait par rapport au moule et la présence de fissure. 4.3.
Casser les pastilles afin d’observer leur résistance. |
Retrait : Si
la pastille est fissurée ou nettement distante des
parois du moule après séchage, la terre est trop argileuse, à corriger par
apport de sable. Rupture : -
très difficile à casser et rupture avec un claquement : la terre est très
argileuse, à corriger par apport de sable. -
difficile à casser mais sans trop d’effort et en arrivant à réduire en poudre
entre pouce et index : la terre est sablo-argileuse, c’est une bonne terre. -
très facile à casser et se réduit très facilement en poudre : la terre est
sableuse ou silteuse, à corriger par apport d’argile. |
|
5.
Essai de sédimentation ou de la bouteille 5.1.
5.2 5.3 |
5.1.
Dans un flacon transparent (cylindrique d’au moins 0,5 l, on met environ ¼ de terre et ¾ d’eau. 5.2.
On agite bien le flacon en le bouchant avec la main. 5.3.
On laisse reposer le flacon au moins 30 mn puis on observe la
sédimentation |
Après
repos les particules se déposent suivant l’ordre : gravier - sable - silts -
argile. Il
permet d’observer si la terre est bien graduée (présences de tous les
éléments), ou si l’un d’eux n’est pas excessivement majoritaire. L’exploitant
de carrière s’oriente en fonction des résultats obtenus tous les jours. |
|
6.
Essai de retrait |
A
l’aide d’une presse, confectionner un bloc de terre comprimée. Après
24 heures de conservation à l’ombre, mesurer le retrait du bloc |
Si
le retrait est supérieur à 5 mm la terre est trop argileuse elle n’est pas
bonne. Si
le retrait est inférieur à 5 mm la terre est sablo-argileuse, elle est bonne. |
Remarque :
La
correction d’une terre se fait par apport d’un ou de plusieurs éléments
manquant.
Les
proportions seront définies sur chantier après avoir effectué une série de
mélanges.
Le mélange
qui donnera satisfaction aux essais d’identification sera maintenu
pour
la confection des blocs de terre comprimée.
CHAPITRE II : PRODUCTION
DES BLOCS DE TERRE COMPRIMEE
2.1. DEFINITION
Les blocs de terre comprimée sont des
éléments de maçonnerie obtenus par compression d’une terre appropriée mélangée
à une certaine quantité d’eau suivi d’un démoulage immédiat.
Afin
d’accroître les résistances mécanique et hydrique du bloc, un produit stabilisant
peut être ajouté à la terre. Dans ce cas, on parle de «bloc de terre comprimée
et stabilisée » (B.T.S. ). Dans le cas contraire, on parle de «bloc de
terre comprimée (B.T.C.).
2.2. CHOIX DU STABILISANT
Les
stabilisants sont des produits que l’on ajoute à la terre pour améliorer ses
performances.
Les produits stabilisant couramment utilisés dans la
confection des B.T.S. sont:
* les liants hydrauliques (ciment, chaux),
*
les liants aériens (chaux),
*
les liants d’hydrocarbonés (goudron, bitume,...).
Dans le cas du présent document, nous nous
limiterons à la stabilisation au ciment.
Remarque:
*
le type de ciment utilisé pour la stabilisation de la terre peut être du CPJ 45
ou d’autres types, de classe analogue. Il n’est pas utile d’employer des
ciments à haute résistance qui n’apportent pas d’amélioration particulière et
qui coûtent très cher.
*
Les blocs de terre simplement comprimée sans ajout de ciment peuvent être
utilisés comme élément de structure non porteuse ou comme structure ne pouvant
résister qu’à des faibles sollicitations des charges extérieures (remplissage
dans une structure porteuse... ), si toute fois la structure se trouve dans un
milieu sec sans risque d’humidification (cloison intérieur ).
*
Le dosage optimal en ciment des terres se trouve généralement entre 3% et 8%.
2.3
MATERIELS DE PRODUCTION : LES PRESSES
-
La presse est le matériel utilisé pour comprimée la terre en bloc. Elle peut
être manuelle, ou mécanique.
Les
principales presses utilisées au Mali sont : la presse CINVA-RAM, la presse
TERSTARAM qui sont manuel et la presse HYDRAFORM qui est mécanique. Elle a fait
ses débuts en 1999 au Mali.
* Quelques données sur ces presses :
|
Presses |
Caractéristiques |
Observations |
|
CINVA
- RAM |
Fonctionnement
:manuel Nombre
de blocs par essai : 1 Dimension
blocs : 29,5
cm x 14 cm x 9 cm Poids
d’un bloc : 7 - 8 kg Pression
: 20 bars Production
: 300 blocs par jour Nombre
d’ouvriers : 4 |
.
Possibilité de production de blocs spéciaux (bloc creux chaînage, bloc pour
passage de câble, bloc 1/2, bloc 3/4,
... ) .
Construction avec mortier de pose . Cette presse peut être fabriquée
artisanalement |
|
TERSTARAM |
Fonctionnement : manuel Nombre de blocs par essai : 1 ou 2 Dimension blocs : 29,5 cm x 14 cm x 9 cm Poids d’un bloc : 7 - 8 kg Pression : 30 bars Production : 600 blocs par jour Nombre d’ouvriers : 5 |
. Possibilité de production de blocs spéciaux (bloc
à angle arrondi, bloc pour pavage,...) . Construction avec mortier de pose . C’est
une presse de fabrication belge par la société Appro - techno.S.A. |
|
HYDRAFORM |
Fonctionnement
: mécanique Nombre
de blocs par essai : 1 Dimension
blocs : .(5
à 24 cm) x 22 cm x 11,5 cm .(5
à 22 cm) x 11,5 cm x 11,5 cm Poids
d’un bloc : 6 - 12 kg Pression
: 100 bars Production
: 220 blocs par heure Nombre
d’ouvriers : 6 |
.
Possibilité de réduction de la longueur des blocs .
Construction sans mortier de pose. |
Les petits matériels utilisés sont :
la brouette, la pelle, la pioche, l’arrosoir, le tamis, le plastique pour la
cure, le seau, la dame, etc...
2.4. CYCLE DE PRODUCTION DES BLOCS DE TERRE COMPRIMEE
(B.T.S.)
2.4.1. Identification et choix de la carrière ( voir chapitre 1)
2.4.2. L’exploitation de
la carrière
Cette opération se fait généralement
manuellement. Toute fois, l’utilisation d’engins lourds(bulldozer, pelle
chargeuse ) peuvent s’avérer nécessaires selon le besoin.
- on enlève la couche
supérieure organique.
- on gerbe la terre
verticalement afin de mélanger les différentes couches de sol en évitant les couches de gravier de plus de 20 mm de diamètre.
La carrière doit être le
plus prêt possible du chantier.
Le responsable doit
contrôler la qualité de la terre extraite au fur et à mesure de l’avancement de la carrière.
La terre extraite doit
être étalée uniformément au soleil pour sécher. Une terre trop mouillée se prête mal au tamisage
et au mélange avec le ciment
2.4.3 Transport et
stockage du matériau
Les moyens de transport utilisés seront
fonction de la distance de la carrière au chantier et de la quantité de terre à
transporter (camion benne, charrette, brouette,... ).
L’aire
de stockage doit être bien aménagée (propre et ensoleillé ).
2.4.4 Le tamisage et
triage
Le
tamisage permet d’éliminer les substances organiques et les graviers de
diamètre supérieur aux mailles du tamis. A défaut de tamis on peut procéder au
triage de ces substances
Le
tamis peut être incliné ou horizontal ; plus le tamis est
vertical plus les grains passants sont fins.
Il
peut être conseillé de tamiser la terre à la carrière pour éviter le transport d’éléments inutiles (les
racines, les cailloux,...).
Le
triage se fait, à défaut de tamis, par déplacement de tas en
vidant le contenu de la pelle au sommet, les grosses mottes et les
gros graviers roulent à la périphérie. Deux personnes
peuvent intervenir pour cette opération.
Toutefois,
il existe des broyeurs avec tamis incorporés permettant de casser les mottes
reconstituées et de briser les gros éléments à la dimension voulue.
.
Remarque : si le tamisage n’est pas
fait à la carrière, on le fait sur l’aire de stockage.
2.4.5. Le dosage
Le dosage est la mesure de la
quantité de ciment et d’eau à ajouter à la terre pour améliorer ses
caractéristiques en rendant sa
structure plus résistante aux chocs et à l’eau.
* Au laboratoire
Le
dosage en eau est défini par l’essai de Proctor normal.
Le
dosage en ciment est défini après avoir confectionné des blocs à différents
dosages que l’on écrase à 28 jours d’âge en compression simple. Le dosage
retenu est le plus petit dosage (pour raison économique) qui donne une
résistance en compression simple supérieure ou égale à 40kg/cm² et une
résistance humide après 24 h d’immersion totale supérieure ou égale à
12kg/cm².Ce dosage ainsi obtenu est exprimé en pourcentage, on le traduit en
dosage volumétrique à partir des masses volumiques apparentes des constituants
pour son application sur le terrain.
Généralement, le dosage en ciment
tourne autour de 5 %.
* Au chantier
On
détermine d’abord la masse volumique
apparente r de la terre. Pour cela on
remplit à bord un récipient de volume V connu de terre, puis on pèse cette
quantité de terre. Soit P son poids.
La masse volumique apparente r de la terre sera : r = P/V (en kg/l)
- En fixant le dosage en ciment à 5
% au départ (c’est à dire pour 100 kg de terre il faut 5 kg de ciment).
La quantité de terre pour 50 kg de
ciment sera :
100 kg x 50 kg
------------------ =
1000 kg
5 kg
Connaissant le volume d’une brouette
et la masse volumique apparente de la terre, on détermine le nombre de
chargement de brouette pour un sac de ciment (50 kg).
Exemple
: soit une terre donnée.
Déterminons sa masse volumique
apparente r .
Soit V = 1 l le volume du récipient et P=1,3kg le poids du matériau,
On n'a : r = P/V = 1,3/1 = 1,3 kg/l
En fixant le dosage en ciment à 5 %
on aura 1000 kg de terre pour 50 kg de ciment.
Si le volume Vb de la
brouette à ras fait 50 l, le poids Pb de la terre correspondant à ce
volume sera : Pb = r . Vb = 1,3 x 50
= 65 kg.
Le nombre de chargement de brouette
pour un sac de ciment sera :
1000
kg
n = ---------- = 15,38 soit 15 chargements de terre.
65 kg
+ = 5 %
Un sac 15 chargements de brouette
Remarques
:
.
On doit tenir compte du temps de prise du ciment utilisé, car le mélange fait
pour la confection des blocs doit être épuisé avant le début de prise du
ciment, ce temps est estimé à 4 heures.
. Pour raison économique, la recherche du taux de stabilisation optimal
se ferra dans l’intervalle de 3% à 8%
de ciment
2.4.6. Le mélange terre +
ciment
Le mélange se fait sur un sol propre
.
Mesurer la quantité de terre nécessaire.
.
Répandre le ciment ou le mélange sable+ciment
(au cas ou la terre sera corrigée avec du
sable)
au sommet du tas de terre.
.
Déplacer le tas 3 fois, le mélange doit avoir une couleur uniforme.
.
Etaler le mélange sur le sol pour l’humidifier.
2.4.7. Le mélange (terre
- ciment )+ eau
.
Utiliser un arrosoir. Il est recommandé de mouiller le mélange
(terre-ciment ) par fine pluie.
.
Déplacer la terre jusqu’à ce que l’eau soit
bien distribuée dans le mélange.
. Contrôler la teneur en eau
Le contrôle de
la teneur en eau
1.
Mouler une boule de mélange
humide dans la main.
2.
Laisser la tomber de la hauteur du coude.
3.
La boule ne se brise pas : trop d’eau.
4. Elle
se brise en plusieurs morceaux : c’est le mélange optimum.
5.
Elle s’effrite : pas assez d’eau.
2.4.8. La
compression - le démoulage
a
- La compression
- Installer la presse sur une surface
horizontale
-
Mettre
toujours la même quantité de terre dans le moule pour obtenir le même type de
bloc. Cette opération nécessite l’utilisation de boîte doseuse.
-
Prendre
soin de bien remplir les angles
-
Procéder
à la compression.
b
- Le démoulage
- Procéder au démoulage
immédiatement après la compression.
- Prendre le bloc avec
soins sans toucher les bords très fragiles.
Remarque
: La procédure de compression et de démoulage dépend du type de presse. Dans tous les cas, l’opérateur doit se referer
au mode de fonctionnement décrit dans le catalogue de la presse.
2.4.9. Cure et stockage
des blocs
a - Blocs stabilisés au ciment BTS
La
quantité d’eau utilisée pour la production des BTS est réduite. Il est donc
indispensable de maintenir les blocs dans une ambiance humide et d’empêcher au
maximum l’évaporation rapide de l’eau des blocs pendant la première semaine de
cure.
Règle à
suivre
.
Préparer l’aire de stockage des blocs, (elle doit être plate et compacte) le près possible de la presse
.
Poser les blocs le plus près de la presse à plat
et rapprochés les uns aux autres.
.
Couvrir avec un plastique et le
dérouler au
fur et à mesure que le stock avance (bien
plaquer
le plastique contre les blocs).
.
Conserver les blocs sous ce plastique pendant
3 jours. Après le 3è jour de cure humide les
blocs sont suffisamment résistants pour être
transportés près de la zone de construction.
Mais
la cure humide doit continuer encore 10
jours
sous plastique. Cette fois les blocs sont
posés
de champ et serrés. Une fois les 10 jours passés on
enlève le plastique.
.Conserver les blocs
non couverts de plastique jusqu’à l’âge de 28 jours, date à laquelle ils sont prêts pour la
construction.
Remarque
:
Le malaxage, la compression et la cure (pendant les
trois premiers jours) se font à l’abri du soleil sous un hangar.
b - Blocs de terre simplement comprimée : B.T.C.
Sans ciment, la terre nécessite plus
d’argile pour garantir une bonne cohésion de la structure du bloc, il est important
que cette argile sèche lentement.
Règles à suivre
.
Poser les blocs de champs, sans les serrer sur un sol propre et horizontal à
l’abri du soleil et du vent pour éviter
un retrait brusque pouvant provoquer des fissures
dans les blocs.
.
Après une semaine, les blocs sont stockés dehors
de champ et serrés pour le séchage (en cas
de pluie, recouvrir avec un plastique). Ils seront prêts pour
être utilisés dans la construction après le
séchage
2.4.10. Tests de contrôle
des blocs
a - Le contrôle
du compactage
Appuyer
avec le pouce le centre de la surface
- Si l’empreinte
est très visible et la compression est facile : il manque de la
terre.
- Si
l’empreinte est très visible bien que la compression soit difficile : la terre est
trop humide.
- Si l’empreinte est peu visible : la compression est correcte.
.
Avant
de procéder à tout test de contrôle, vérifier d’abord l’aspect, les dimensions
et le poids des blocs choisis parmi le lot.
Le
poids ne doit pas différer de plus de 5 % à 10 % du poids espéré. Le retrait ne
doit pas dépasser 5 mm.
Si
la hauteur change d’une extrémité à l’autre, vérifier la position des plateaux
de la presse.
Après
ces vérifications on procède aux tests de contrôle.
Au laboratoire
On se limite généralement à deux
essais :
b -Essai de compression
|
Illustration graphique de l’essai |
Age bloc (jours) |
Résistance exigée (kg/cm²) |
Conditions de conservation |
|
|
14 |
5 |
7
jours en cure humide 7
jours en immersion totale |
|
|
|
40 |
7
jours en cure humide 21
jours à l’air libre à l’abris du soleil |
|
|
28 |
12 |
7
jours en cure humide 20
jours à l’air libre à l’abri du soleil. |
|
|
|
|
24 heures en immersion
totale |
c
- Essais d’absorption
La quantité
d’eau absorbée pendant 24 h doit être inférieure ou égale à 15 % pour un mur
exposé à la pluie. Cet essai est sans objet quand le mur n’est pas exposé à la
pluie (mur de cloisonnement).
L’immersion totale permet de faire un examen visuel
des dégradations causées par l’eau. Le dosage en ciment peut être augmenter en
fonction de leur ampleur.
Au
chantier
d
-Test de rupture : casse bloc
description sommaire du
dispositif
C’est
un dispositif simple, pratique constitué essentiellement de deux planches de
bois, long de 1,5 m et large de 0,30 m. Ces deux planches sont reliées par un
élastique à une extrémité. Un dispositif spécial constitué de cornières en L ou
en T est monté sur l’extrémité relié
des planches pour recevoir la brique à tester.
Essai
Au-dessus du dispositif on charge
des briques jusqu’à ce que la brique à tester se casse et on évalue la charge à
la rupture connaissant le nombre de briques et leur poids moyen (7 à 8 kg).
Résultat
Soit P la charge de rupture, en kg
D la distance entre les appuis, en cm
l la largeur du
bloc à tester, en cm
h la hauteur du bloc
en cm.
La résistance à la rupture est
donnée par la formule : Tr = 8 Mr avec
1,5 x P x D
Mr = --------------- le module de rupture
l x h²
. Pour les BTS secs, la résistance
minimale à la rupture est : 20 kg/cm².
. Pour les BTS humides (après 6
heures dans l’eau) la résistance minimale à la rupture est
10
kg/cm².
e - Test de texture :
Après
la rupture du bloc (provoquée lors
de
l’essai de rupture) on observe les morceaux de
bloc.
Cette
observation nous permet de contrôler :
-
la qualité du malaxage (uniformité de la
couleur)
-
la répartition des grains
-
la présence ou l’absence d’éléments organiques.
f - Test d’absorption
Ce
test permet de contrôler la résistance
du
bloc à l’eau pendant un 24 heures .
On
place un demi-bloc de poids P connu
dans
un récipient contenant de l’eau. Maintenir au
moins 1 cm d’eau à la base du récipient.
.
Après 24 heures d’immersion partielle on pèse le
demi-bloc pour déterminer la quantité d’eau
absorbée. Cette quantité d’eau doit être
au
plus égale à 15 %.
L’opérateur
notera aussi les dégradations
causées
par l’eau en vu de réviser le dosage
en
ciment à la hausse si celles-ci sont
excessives.
g -Test du son : frapper légèrement la
brique avec un marteau ou le doit, et vérifier si le son produit est métallique
; c’est un test non destructif.
Schéma d’une
chaîne de production
RECAPITULATION
DES DIFFERENTES PHASES DUCYCLE DE PRODUCTION DES BLOCS DE TERRE COMPRIMEE ET
STABILISEE AU CIMENT
|
PHASES |
Outils utilisés |
Points critiques |
|
1 IDENTIFICATION |
.
Bouteille .Sceau .
Moule |
Etre
sûr que l’échantillon est représentatif de la carrière |
|
2 EXPLOITATION DE LA
CARRIERE |
.
Pioche, pelle .
Pelle mécanique, bulle |
Contrôler
les propriétés de la terre au fur et
à mesure de l’avancement de la carrière |
|
3 TRANSPORT ET STOCKAGE
DES MATERIAUX |
.
Brouette, charrette, camion benne |
L’aire
de stockage doit être propre et aérer |
|
4 TAMISAGE ET TRIAGE |
.
Tamis (ouverture £ 20 mm) .
Pelle |
En
l’absence de tamis, le triage peut se faire pendant le mélange à sec. |
|
5 DOSAGE |
.
Pelle .
Seau ou boîte doseur .
Brouette |
Utiliser
toujours le même volume. Vérifier
le poids de la terre pour faire une stabilisation réelle. |
|
6 MELANGE TERRE+CIMENT (à
sec) |
.
Pelle |
La
couleur finale doit être uniforme |
|
7 MELANGE (TERRE-CIMENT)+EAU
(humide) |
.
Pelle .
Arrosoir |
Il
faut respecter la bonne teneur en eau. |
|
8 COMPRESION – DEMOULAGE |
.
Presse .
Pelle .
Boîte doseur |
Appliquer
toujours la même compression. La
force d’une seule personne est suffisante. |
|
9 CURE ET STOCKAGE DES BLOCS |
.
Plastique noir .
Hangar |
Les
BTC ont seulement besoin d’ombre. Les
BTS stabilisés au ciment ont besoin d’être correctement enveloppés de
plastique(pas d’arrosage) ou couvert de secco après arrosage |
|
10 TESTS DE CONTROLE |
.
Marteau .
Casse bloc .
Sceau |
Les
tests se font généralement après le séchage complet des blocs |
Remarque : Au cours du cycle de
production, les contrôles suivants sont nécessaires:
- A l’extraction : vérifier chaque jour les
caractéristiques de la terre choisie,
- A la production : vérifier la qualité de
compactage.
- Après séchage : vérifier l’aspect, la
dimension et le poids.
CHAPITRE
III : MISE EN OEUVRE DES BLOCS DE
TERRE COMPRIMEE ET DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES
3.1 . SYSTEME DE FONDATION
Nous
nous intéresserons seulement au cas des fondations superficielles compte tenu
des raisons techniques, mais aussi de leur faible coût de réalisation et de la
simplicité de leur mise en œuvre.
Pour
certains édifices, on aura recours aux fondations semi-profondes ou profondes
dont le type, les dimensions et la profondeur d’ancrage seront définis par un
bureau d’étude spécialisé après des études géotechniques du sol.
.
3.1.1
Fouilles en rigole
On creuse le sol jusqu’à une
profondeur donnant accès à une couche de sol assez résistante et veuillez à ce
que le fond des fouilles soit un plan horizontal, le cas échéant exécutez des
plans successifs horizontaux pour rattraper la pente du terrain. La largeur des
fouilles dépendra de la nature du sol.
3.1.2
Blocage des fouilles et
soubassement
a - Cas d’utilisation de maçonnerie en
moellon
Sur un béton de propreté
préalablement coulé au fond des fouilles, les moellons sont posés à plat et
jointoyés avec un mortier dosé au moins à 250kg de ciment par mètre cube de
mortier. Cette méthode permet de réaliser des maçonneries plus résistantes que
celles réalisées avec des moellons posés à champ.
b - Cas d’utilisation des
blocs de terre comprimée (BTS)
·
Blocs de terre comprimée
autobloquants
Au
fond des fouilles on exécute d’abord un béton cyclopéen d’environ 20 cm
d’épaisseur, dosé à 350kg de ciment par mètre cube de béton. Après on procède à
la réalisation des différentes étapes
suivantes :
Etape 1 : Poser un demi bloc en premier
lieu puis poser un bloc entier ;
Ajuster le bloc tout en l’emboîtant
au demi bloc préalablement posé.
Vérifier la verticalité avec le niveau.
Etape
2 :
Construire d’abord l’angle jusqu’à
20cm au-dessus du béton cyclopéen
tout en vérifiant la verticalité et le
niveau horizontal du mur
Etape
3 :
Poser ainsi les blocs dans tous
les angles de la fondation.
Etape
4 :
Remplir de blocs
l’espace entre les angles.
Etape
5 :
Remblayer chaque côté
du mur par couches
successives de 20cm d’épaisseur
bien compactées
·
Blocs de terre comprimée
ordinaires
Les différentes étapes citées dans le cas des BTS
autobloquants restent valables pour les BTS ordinaires ; la seule
différence est qu’ici le montage se fait avec un mortier de pose
Remarque :
- Les BTS
utilisées en fondation sont fortement dosés(au moins 10% de ciment à titre indicatif)
-
L’épaisseur
des joints des maçonneries des BTS ordinaires est de 1,5 cm
-
Le
mortier de pose doit avoir un dosage légèrement supérieur à celui des blocs et
avoir la composition suivante :un volume de terre pour deux volumes de
sable.
C’est un mélange plastique de sable, de terre, de
liants et d’eau. La texture du mortier doit être plus sableuse que celle du
bloc. Il doit être ouvrable et présenter la même résistance à la compression et
à l’érosion que le bloc.
Exemple
de composition d’un mortier de pose :
Sable propre : 3,5
brouettes de 5ol
Terre criblée : 1,75
brouettes de 50 l
Ciment : 1 sac de 50 kg
Eau
: 100 litres (donnée à
titre indicatif).
3.2. MONTAGE DES BLOCS
3.2.1
BTS ordinaires
On a intérêt à opérer selon les
règles de l’art classique de la maçonnerie. Selon l’importance des descentes de
charges, le confort recherché, et les dimensions des blocs on choisit
l’épaisseur des murs et l’appareillage correspondant.
a - Le
calepinage
Le
calepinage est la relation que le concepteur établit entre les dimensions du
bloc, et le dimensionnement des systèmes constructifs.
Il permet
d’effectuer une cotation précise du dessin d’exécution et de maîtriser les
quantités de blocs entiers, blocs 3/4 et Blocs 1/2, etc.
Calepinage du plan de la première
assise de blocs : vue en plan.
b - L’appareillage
L’appareillage
est le mode d’arrangement, d’assemblage et de liaison des blocs entre eux dans
toutes les directions d’une structure de maçonnerie (plan horizontal et
vertical, épaisseur du mur).
Un
bon appareillage permet d’éviter les coups de sabre (alignements verticaux des
joints) dans les constructions.
Le choix d’un appareillage dépend de
cinq facteurs à considérer :
. Le type de structure
(mur, cloison, pilier,...)
. la taille de la
structure
. la dimension des blocs
.
la qualification des maçons
. l’effet esthétique
recherché sur l’aspect fini.
·
Terminologie des types
d’appareillage
·
Règles de l’appareillage
·
Type d’appareillage
- Les murs
Murs
d’épaisseur "demi bloc"
|
Type murs |
Appareillage |
Observations |
|
Mur courant |
|
Tête de mur avec bloc demi |
|
Mur
en "L" |
|
Angle de mur avec bloc
entier |
|
Mur
en "T" |
|
Liaison
en T avec bloc 3/4. |
|
Mur
en "X" |
|
Liaison
de mur en "X" avec bloc 3/4. |
Mur d’épaisseur "bloc entier"
|
Type murs |
Appareillage |
Observations |
|
Mur courant |
|
Tête
de mur avec bloc 3/4 |
|
Mur en "L |
a b
c |
a:
liaison de mur avec blocs 3/4. b:
angle appareillé en boutisse et panneresse sans bloc 3/4. c:
utilisation d’un bloc ¼ avec un bloc 3/4. |
|
Mur en "T" |
|
Mur
en T avec bloc 3/4. |
|
Mur
en "X" |
|
Liaison
de murs en "X" avec bloc entier. |
Quelques
cas d’appareillages en boutisse pour des murs d’un bloc entier d’épaisseur.
- Les piliers
Piliers
ou poteaux de petite section (30 x 30 cm ou 30 x 40 cm).
Piliers
ou poteaux de grosse section (45 x 45 cm ou 60 x 60 cm).
c - Procédure de montage
Après avoir fini la réalisation de
la fondation, on entame celle de l’élévation. Pour cela le respect des étapes
suivantes s’avère nécessaire :
Etape
1 :
Appliquer sur le soubassement une couche hydrofuse (ex. : feutre
bitumineux, film polyane….) avant de
poser la première assise de blocs, puis mesurer et marquer la position des
portes sur le soubassement.
Etape
2 :
- Choisir un appareillage approprié,
- Pour la vérification du niveau de chaque assise,
installer des piges aux angles et le
long des murs
- Placer les cadres des portes
Etape
3 : - Poser la première assise tout en respectant le plan de
calepinage préétabli,
- Faire
des joints horizontaux et verticaux de même épaisseur. Pour cela, utiliser
des fers ronds ou carrés de diamètre équivalent à l’épaisseur du
joint(épaisseur des joints égale à 1,5cm),
- Monter les murs extérieurs en aplomb de la
face extérieur du soubassement,
- Faire un chaînage en béton armé de fer Æ6 avec des blocs évidés ou d’autres systèmes appropriés de coffrage perdu, au
niveau des allèges des fenêtres. Cette disposition constructive permet d’éviter
l’apparition des fissures au niveau des allèges.
Etape 4 : - Faire un chaînage en béton
légèrement armé (de fer T6 ou T8) avec des blocs évidés ou d’autres systèmes appropriés au
niveau des linteaux et à l’extrados des arcs. Fixer s’il y a lieu les
charpentes de la couverture à ce chaînage.
3.2.2 BTS autobloquants
Le montage des BTS autobloquants est
pratiquement identique à celui des BTS ordinaires.
Etape
1 : - Appliquer sur le soubassement
une couche imperméable
- Mesurer et marquer la position
des portes
Etape 2 : - Installer les piges
- Placer les cadres des portes
Etape
3 : - Construire en premier lieu les angles
-
Remplir
de blocs l’espace entre
les
angles en utilisant un cordon
- Veuillez à l’horizontalité des rangés
Etape
4 : Poser les linteaux(généralement
les linteaux sont préfabriqués sur chantier)
de telle manière qu’ils débordent d’au
moins de 20cm de part et d’autre
des ouvertures.
Remarque :
Les assises
situées au-dessus des linteaux sont
posées avec un mortier de pose et recevront s’il y’a
lieu les fers de fixation de la toiture.
CHAPITRE
IV : LA COUVERTURE
Elle
peut être faite en dalle, en tôle, en tuile, en voûtes... dans tous les cas elle
doit déborder les murs extérieurs pour les protéger contre les eaux de pluies.
4.1. Les couvertures en dalle
On réalisera un chaînage supérieur
servant d’appui aux poutres et aux poutrelles.
4.2. Les
couvertures avec charpente
Les
charpentes sont généralement fixées à l’aide d’un fer rond Æ6 au chaînage linteau.
Si
on craint le poinçonnement du mur sous la charge de la couverture, on réalise
un chaînage supérieur sur lequel reposera la charpente pour une répartition
uniforme des charges.
Sur
la charpente, on fixe les éléments de la couverture pouvant être des tôles, des
tuiles, etc...
Remarque :
-
Niveau de fixation de la charpente : chaînage linteau ou 1 m à partir de la
dernière assise.
-
Débordement de la toiture : 0,40 à 1,00 m
-
Pente de la toiture : au moins égale à 15 %
4.3. COUVERTURE
EN VOUTES ET COUPOLES
Les couvertures en voûtes et
coupoles se réalisent en utilisant un mortier de pose de telle sorte que l’utilisation
des BTS ordinaires est toujours conseillé. Les voûtes se réalisent en se
servant d’un gabarit et les coupoles quant à elles se réalisent avec un compas
guide. Si la couverture est en voûtes il sera préférable de réaliser un
chaînage supérieur pour encaisser les efforts horizontaux des voûtes. Dans le
cas où la couverture serait en coupole l’option de piliers de renforts aux
angles extérieurs est plus rationnelle. Les couvertures en voûtes et coupole
doivent toujours être protégées par un produit d’etancheite ou par une chape
étanche.
La flèche des voûtes et coupoles
doit satisfaire à la condition ci-après :
f 1
------------- ³ ---------
L 5
f : la flèche
L :la portée
CHAPITRE V : ENDUIT
L’enduit doit être un mortier un mélange de sable, de terre, de liant
et d’eau de dosage en liant légèrement supérieur à celui des joints.
Les enduits trop étanches doivent être évités car
ils empêchent l’évaporation de l’humidité
des blocs.
La surface extérieure des murs
extérieurs et les murs des salles d’eau (toilettes, cuisine,…) doivent être
protégé par application de produit d’étanchéité.
CHAPITRE
VI : PATHOLOGIES DES OUVRAGES EN
BTS - PROPOSITION DE SOLUTIONS
Les
ouvrages bâtis en terre, que ce soit en blocs de terre comprimée ou en d’autres
matériaux de construction en terre, demeurent particulièrement sensibles à
l’eau. Le concepteur d’ouvrage en terre doit bien considérer ce risque et ne
pas sous estimer son importance. Il doit prendre des mesures appropriées en vue
de l’éviter.
En
plus de l’eau, les ouvrages en terre ne résistent pas aux efforts de traction.
On
doit tenir compte de tous ces problèmes au moment de la réalisation de chaque
élément d’un ouvrage en terre.
6.1. Le système de fondation
Le
système de fondation d’un ouvrage en terre doit être particulièrement soigneux
et doit mettre le bâtiment à l’abris de deux principaux types de problèmes :
-
Les problèmes de structure
-
Les problèmes liés à l’humidité.
6.1.1. Les pathologies structurales et les propositions
de solution
Le
choix du système de fondation dépend de la nature du sol sur lequel l’ouvrage
va être construit et du type de l’ouvrage que l’on prévoit de réaliser.
Il
y a risque de pathologie structurale lorsque les ouvrages sont bâtis sur des
terrains instables ou peu résistants. Ce risque peut être accru par le fait
d’une mauvaise conception ou d’une mauvaise construction des fondations.
Les
figures ci-dessous sont des propositions de conception de structure du système
de fondation selon la nature des sols et des systèmes de murs :
|
|
NATURE DU SOL DE FONDATION |
||
|
SYSTEME DE MURS |
Bon sol - Roche - Sol cohérent sec - Sol pulvérulent compact - Bon drainage superficiel |
Sol moyen - Sol cohérent humide - Sol pulvérulent
moyennement compact - Bon drainage superficiel |
Mauvais sol - Sol cohérent plastique - Sol à couche affleurante
hétérogène - Sol à teneur en eau
variable - Drainage superficiel
moyen. |
|
ENVELOPPE MONOLITHIQUE |
Un massif de fondation simple suffit |
Il faut élargir et approfondir le massif de fondations ou ß |
Il faut en plus de l’élargissement et de
l’approfondissement mettre un chaînage en béton armé. ou ß |
|
MURS A REDANS ET CONTREFORTS |
Le massif de fondation doit avoir un chaînage en
béton armé qui relie les éléments de maçonnerie auto-stables |
Il faut élargir la base des fondations à l’aide
d’une semelle en béton armé pourvue d’armatures transversales de traction |
En plus de la semelle en béton armé il faut
intégrer une poutre avec armatures longitudinales de traction. |
|
REMPLISSAGE
D’UNE OSSATURE POTEAUX POUTRE EN BETON ARME. |
Les
poteaux de l’ossature ont un massif de fondations élargie ou de plots en
béton armé. Les
murs de remplissage ont leur propre massif de fondations simple. |
Les
fondations comportent une poutre en béton armé qui relie les poteaux et sur
laquelle reposent les murs de remplissage. |
Les fondations comportent, une semelle et une
poutre en béton armé qui relient les poteaux et sur laquelle reposent les
murs de remplissage. |
|
OSSATURE
PILIERS ET ARCS |
Les
piliers ont un massif de fondations large et profond. Les
murs de remplissage ont leurs propres fondations simples. |
Un
chaînage en béton armé relie les piliers |
Une poutre en béton armé relie les piliers. |
6.1.2. Les
pathologies liées à l’humidité et les propositions de solutions
Le
principal problème au niveau des fondations
est le risque de remontées capillaires dues à la :
-
fluctuation saisonnière de la nappe phréatique,
-
rétention par la végétation proche des murs,
-
détérioration des canalisations d’eau (AEP et eaux usées)
-
stagnation d’eaux auprès des murs,
-
etc....................
Au
niveau du soubassement, la base des
murs peut être attaquée par l’eau due :
-
au rejaillissement des gargouilles
-
aux chêneaux détériorés ou mal conçus
-
à la projection de flaque au passage de véhicule
-
au ruissellement d’un caniveau proche du mur
-
à un enduit imperméable qui facilite un point de rosé entre le mur et l’enduit
-
etc.....................
Sur
de terrains mal drainés, l’humidité peut accroître les risques de pathologie
structurale car, elle peut considérablement affaiblir la cohésion du matériau,
sa résistance et donc celle du mur.
Ces
problèmes sont connus et tout à fait solubles. Le concepteur averti ne doit pas
pour autant adopter une démarche de «blindage » du bâtiment qui pourrait
non seulement être très coûteuse, mais être génératrice des pathologies que
l’on veut éviter, par excès d’étanchéité. Le bâtiment doit avant tout respirer.
L’attitude correcte est de résoudre les problèmes en attaquant leurs sources et
non leurs effets. Les solutions appropriées ne peuvent être développées que sur
une bonne connaissance des types de contraintes que l’on va préciser dans le
tableau ci-dessous :
|
Contrainte d’humidité |
Propositions de solutions |
|
Infiltration sans accumulation (l’eau disparaît très vite dans le sous-sol
sableux) |
Il suffit d’évacuer le plus vite possible le peu d’eau
résiduelle qui pénètre vers les fondations |
|
Infiltration avec accumulation temporaire (le sol cohésif absorbe l’eau : sol argileux ou
silteux) |
Un bon drainage de surface s’impose, de façon à
évacuer l’eau du voisinage du bâtiment |
|
Infiltration avec accumulation prolongée
(applicable à tous types de sol dont le drainage superficiel est mal assuré) |
Il convient d’intercepter l’eau avant qu’elle ne
pénètre dans le sous-sol et de l’évacuer le plus rapidement possible. |
|
Remontées capillaires avec ou sans infiltration (
l’ouvrage est au contact ou dans le voisinage proche d’une nappe phréatique) . |
Il faut prévoir des drains contre les fondations (qui
doivent être résistantes à l’eau) et même sous le pavement du sol du rez-de
chaussée si celui-ci est directement mis en œuvre sur le terre-plein. Il faut imperméabiliser le parement vertical
extérieur de la fondation. |
6.2. L’élévation
Les
problèmes au niveau de l’élévation sont de deux types :
-
les problèmes de structure
-
les problèmes liés à l’humide.
6.2.1. Les pathologies structurales
Les
problèmes de structure obligent à respecter les principes de bonne résistance
en compression, et à contrarier les principes de faible résistance à la
traction et au cisaillement du matériau terre.
Pour
l’ensemble des systèmes de murs en maçonnerie les principaux problèmes
résultent d’une typologie de contraintes qui leur sont appliquées.
Les
solutions appropriées ne peuvent être développées que sur une bonne
connaissance de ces types de contrainte que l’on va préciser dans le tableau
suivant :
|
CONTRAINTES SOUMISES AUX MURS |
PROPOSITION DE SOLUTIONS |
|
MURS NON PORTEURS |
|
|
Ecrasement : (sous l’effet du poids
propre du mur ou d’une charge concentrée) |
Maçonnerie
de remplissage
(ossature en béton armé) |
|
MURS PORTEURS |
|
|
Charges
excentriques verticales (résultant d’un effort de traction) Charges
excentriques horizontales (résultant de la poussée d’une voûte sur les murs) Flambement (résultant de l’effet
cumulé d’une contrainte de charge et d’un tassement dans un mur trop mince et
trop élancé). Charges
horizontales
.
Pression uniforme du vent . Pression
concentrée des séismes |
Murs épais : Murs minces avec
contreforts Mur mince avec chaînage Maçonnerie armée (système parasismique) |
6.2.2. Les
pathologies liées à l’humidité
Les
problèmes d’humidité résultent de l’érosion du ruissellement, du
rejaillissement, d’infiltration et d’absorption.
Problème d’humidité à Problème d’humidité au Respiration des murs
la base des murs niveau
des ouvertures
Ces
problèmes renvoient le concepteur au respect de quelques principes fondamentaux
:
-
protéger le haut et le bas des murs,
-
laisser le matériau terre "respirer".
Cette
dernière considération oblige l’utilisation d’un enduit perméable pour le
crépissage des parois intérieures et extérieures des murs.
Pour
raison économique on procède à un badigeonnage au pinceau des parois
extérieures avec de la barbotine ayant la composition suivante :
sable
fin 1,5 brouette
terre
criblée 0/2 mm 0,5 brouette
ciment
1 sac
Eau
175 litres environ.
6.3.
La couverture
A
ce niveau, on rencontre les problèmes de mise en œuvre que l’on peut éviter en
choisissant un ouvrier qualifié.
La
couverture doit être étanche et doit protéger le maximum possible les murs
extérieurs. Pour cette raison elle doit déborder ceux-ci.
CHAPITRE
VII : SECOND OEUVRE
7.1. EVACUATEURS DES EAUX DE
PLUIE
7.1.1. Les chenaux et
les descentes d’eau
Les
chenaux doivent avoir une section large et une pente suffisante pour permettre
une évacuation rapide des eaux de pluie provenant de la terrasse. Ils doivent
être soigneusement connectés aux descentes d’eau.
Les
descentes d’eau doivent être en matériaux résistants et avoir une section
large.
7.1.2. Les gargouilles
L’emploi
des gargouilles comme système évacuateur des eaux, nécessite la prise en
considération des prescriptions techniques suivantes :
-
Elles seront en matériaux résistant et de qualité tels que : zinc, tôle
galvanisée, bois creusé, terre cuite, etc.
-
Elles ne doivent pas être prévues au-dessus d’un contrefort, d’une ouverture ou
d’une saillie.
-
Elles doivent être orientées si possible dans le sens du vent.
-
Elles doivent avoir une large section (surtout au départ), une bonne pente et
un large débord sur mur (0,10 à 1 m).
-
Le recouvrement d’étanchéité au départ doit être soigneux et il faut prévoir un
manchon étanche pour la traverse de
l’acrotère.
-
Le bas du mur extérieur doit être suffisamment protégé par une ceinture en
dalle (béton, pierre...), l’eau évacuée doit être
drainée vers un caniveau.
7.2. CONCEPTION DES RESEAUX
Trois règles principales doivent être suivies
:
-
Centraliser le plus possible les réseaux.
-
Ne pas incorporer les canalisations des fluides dans les murs.
-
Ne pas faire des saignées dans les murs pour les câbles.
7.2.1. L’électricité
De préférence,
les gaines en plastique servant de loge de fils électriques doivent être
incorporées dans les murs. Pour cela on utilise les cadres des ouvertures, les
blocs gainent, les blocs chaînage ou d’autres dispositifs appropriés évitant la
réalisation de saignées dans les murs.
Les
interrupteurs et prises de courant seront scellés au mur avec du plâtre.
7.2.2 La plomberie
En
dehors du sol, les installations doivent être apparentes.
Les
pièces susceptibles aux risques de l’humidité telles que cuisine, sanitaire,
etc. doivent être correctement soignés et munies de siphons de sol.
Les
sols auront une pente de drainage suffisante.
Pour certains équipements telles que les douches, il faut prévoir des
revêtements imperméables (au voisinage de l’équipement) et la ventilation pour
éviter la condensation.
7.3. MENUISERIES
Les
menuiseries peuvent être métalliques ou en bois. Pour leur fixation, il est
préférable de prévoir des connexions au moment de leur conception et de les
installer pendant la mise en œuvre de la maçonnerie.
BIBLIOGRAPHIE
·
Rapport
du Seminaire-Atelier
sur la
production et la vulgarisation
des
matériaux locaux de construction
organisé par le
CNREX/BTP Rep. du Mali Août 1999
· Habitat Traditionnel au Mali (1983) A. Wasse Basharyar
· Technologie du Bâtiment (tome 1) Maurice Noverraz
· Blocs de terre comprimée normes (1998) CDI - CRATerre EAG
·
Tuiles en fibromortier
Bureau International du Travail B.I.T.
·
Cours de Matériaux Locaux
de Construction I. SAVADOGO.
·
Recommandations générales sur
la brique de terre stabilisée
Manuel
élaboré par le CNREX/BTP Rep. du Mali Nov. 1988